Depuis le début de la semaine, les employés des raffineries Total sont en grève et menacent de pénuries une partie des français.
Le lundi de Pentecôte "non rémunéré" est à l'origine de cette grogne. Lors du lundi de pentecôte si controversé, un certain nombre d'employés de total - mais il faut avouer qu'ils n'étaient pas seuls en France - ont fait la grève et par conséquent ne sont pas venus travailler. Aujourd'hui les syndicats demandent à la direction que ce jour de grève soit payé ce que la direction se refuse à faire.
Les motivations des Syndicats
Outre la motivation propre à leur conviction concernant le lundi de Pentecôte, les syndicats demandent aujourd'hui à leur direction de rémunérer un jour aux salariés qui ne sont pas venus travailler ce jour-là. Le problème est que cette demande est couplée à un autre constat: Total a fait des bénéfices records et les salariés n'ont pas ou peu été récompensés alors que les actionnaires ont bénéficiés à plein de cette réussite économique.
Nous nous retrouvons donc avec un double problème qui découle d'une frustration à mon sens bien légitime.
Légitimité du mouvement
Légalement, un jour de grève n'est pas rémunéré et j'aurais tendance à dire que sur ce sujet, les syndicats outrepassent leurs droits. D'autant plus qu’il est improbable que 100% des employés de Total ne soient pas venus travailler ce lundi de Pentecôte. Par conséquent, si le jour de grève était payé, seule une partie des salariés serait concernée, et par dessus tout, ceux qui sont venus travailler seraient venus gratuitement puisque s'ils étaient restés chez eux, ils auraient tout de même été payé. Je considère donc que la revendication des syndicats n'est pas très légitime.
Quand on fait la grève, on en connait les conséquences et on les assume...
D'autre part, comment peut-on être responsable et prendre en otage la France entière?
Pas seulement le particulier qui a toujours d'autres moyens de locomotion, même si ceux-ci ne sont pas nécessairement agréable, mais également les entreprises et par conséquent des emplois. Ainsi pour protéger une minorité, on prend le risque de flouer des millions de français à différents niveaux.
Ce comportement symptomatique des syndicats ne devrait pas exister dans notre pays. L'usage du droit de grève ne doit être fait qu'en cas d'échecs de négociations sérieuses entre les syndicats et le patronat. Cela redonnerait indéniablement du crédit à ces organisations qui malheureusement aujourd'hui n'ont que très peu d'estime dans la population. En aucun cas, ce droit de grève ne doit empêcher les autres citoyens de jouir de leur liberté. Malheureusement c'est trop souvent le cas aujourd'hui. Cette situation est préoccupante mais nos classes dirigeantes n'ont malheureusement que trop peu souvent le courage de s'opposer aux organisations syndicales pour fixer de nouvelles règles du jeu avec elles.
Il faut du consensus, des concessions de tous les côtés et rendre à notre pays de la sérénité et de la confiance. Les mouvements sociaux ne font rien d'autre que plomber le moral des français. Ce n'est bon pour personne. Ni pour le gréviste, ni pour les sociétés, ni pour la France. Qu'on ouvre dans notre pays des négociations d'ampleur pour essayer de modifier cet état de fait. Que l'on fasse confiance à la responsabilité de chacun et que l'on finisse par avancer, voilà les objectifs qui devraient être fixés. L'Etat doit prendre ses responsabilités et réformer là ou il le faut. Pas simplement là où il y a le moins de mécontents.
L'arbre qui cache la forêt
Cependant, il faut noter que le lundi de Pentecôte n'a été que la goutte qui a fait déborder le vase pour les employés de Total. En effet, quelle frustration que de faire des bénéfices record et de n'avoir quasiment aucune retombée. Je partage totalement leur opinion à ce sujet. Une entreprise qui marche doit absolument faire partager une partie des fruits de sa croissance à ses salariés. Ce que je dis n'est pas démagogique.
On sait pertinemment qu'un salarié qui se sent bien dans sa société, qui se sent reconnus est un salarié qui apportera plus à son entreprise. Il s'agit simplement d'un cercle vertueux. Or comment montrer aux salariés que l'entreprise est fière de leur travail? Une des premières méthodes et sans doute la plus plaisante pour l'employé, est l'utilisation d'une prime aux bénéfices... Malheureusement, en France les primes ou les augmentations de salaire sont bien plus taxés que les versements de dividendes aux actionnaires. Par conséquent, le PDG aura tendance à satisfaire plus facilement les actionnaires que les salariés. Cela doit changer et changer vite. Il est intolérable de voir de telles choses se dérouler.
Même si après tout, une société fait ce qu'elle veut de ses revenus, l'Etat doit faire en sorte que les revenus soient un peu plus répartis.
Alors que l'on parle d'un niveau de vie qui a tendance à s'affaisser, ne faut il pas tenter de redonner confiance aux ménages et les aider dans des périodes difficiles ? Il me semblerait normal, que les primes versés aux salariés sur les bénéfices de leur société soient complètement exonérées de charges salariales d'une part et que d'autre part, les entreprises soient contraintes d'effectuer une répartitions des bénéfices qui soit plus juste.
Ainsi, pourquoi ne pas proposer que l'argent reversé aux salariés soit au moins équivalent à celui reversé aux actionnaires? Cela me semble être une mesure plus juste que de tout donner à une seule des deux parties. Qui plus est, cette mesure permettrait d'augmenter légèrement le pouvoir d'achat des français. Les modalités d'une telle mesure peuvent être négociés mais les bases pourraient être là.
La grogne des employés de Total fait donc apparaître, au delà d'un simple conflit localisé, deux problèmes majeurs dans notre pays. Un droit de grève qui n'a quasiment aucune cadre juridique - Le droit de grève est un droit constitutionnel mais seule la jurisprudence vient l'encadrer - et un système de reversions des bénéfices qui ne favorise qu’une minorité.
Ces faits doivent changer pour que tout le monde se retrouve gagnant.
Il ne peut en effet y avoir d'accord sans une sensation de satisfaction de toutes les parties concernées.
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