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Cela fait plusieurs mois, voire plusieurs années que le sujet est évoqué, que des plans sont mis en place. De l’argent toujours plus d’argent et des résultats toujours aussi insatisfaisant.
Ce week-end a été marqué par un fait d’une extrême violence. Une enseignante a été poignardée en plein cours par un de ses élèves au prétexte que celle-ci aurait pris l’initiative de convoquer la mère de l’agresseur pour lui signifier les absences répétées de son chérubin. Cet événement démontre s’il en était besoin, le désarroi dans lequel se trouve l’Education Nationale. 30 ans de collège unique et d’angélisme dicté par les bons pensants de cette institution. Aujourd’hui il est temps d’agir de parler avec des mots vrais même si certains peuvent être choqués.
J’ai eu par le passé l’occasion de travailler à l’Education Nationale et force est de constater que je n’ai jamais vu un milieu aussi conservateur, aussi rigide et aussi fermé. La faute à qui ? Sans doute à un angélisme forcené et à un refus de remise en cause de la part des grands penseurs.
Le collège unique
Voilà un élément dont il est aujourd’hui quasiment impossible de discuter. Avec le collège unique, fini les 4ème à vocation technologique, tous les élèves doivent suivre le même cursus quel que soit leur niveau. La conséquence en est simple. Si nous prenons en compte le nombre toujours croissant d’élèves ne sachant toujours pas lire et écrire en arrivant en 6ème, on se retrouve avec de plus en plus d’élèves complètement désorientés voire largués au fur et à mesure de leur évolution scolaire.
Au lieu de faire redoubler un élève, celui-ci passe en classe supérieure alors que les enseignants savent pertinemment qu’il ne pourra pas suivre. Ainsi le redoublement n’existe plus en 6ème et en 4ème. A ceux qui comme moi pensent que le redoublement devrait être remis en place, on nous rétorque que dans les autres systèmes éducatifs européen celui-ci n’existe pas(Comme quoi l’Europe peut aussi servir ceux qui sont contre). Effectivement, c’est un constat juste. Cependant les autres systèmes n’ont pas de collège unique avec une marche forcée pour tous dans le même sens. Concernant le redoublement, il faut également noter que les parents ont toujours le dernier mot. L’équipe éducative ne fait que proposer un éventuel redoublement. Je vous laisse imaginer ce qu’il se passe dans les familles fragiles. Les parents influencés par leur enfant qu’ils ne maîtrisent qu’à moitié font passer l’élève en classe supérieur. Cela place le conseil de classe dans une situation plus qu’ambiguë. Des professionnels associés aux parents d’élèves peuvent proposer le redoublement sans que cela soit suivi d’effet. Il faut arrêter avec ce système où l’élève choisi lui même son passage on non en classe supérieure. Le conseil de classe doit rester souverain.
D’autre part, il est temps de proposer aux élèves en grande difficulté des classes intermédiaires de remise à niveau. Des classes qui lui permettront par la suite soit de rejoindre la filière générale, soit de s’orienter vers un cycle de formation plus court. Dans ce sens, le retour de l’apprentissage est une excellente proposition.
Les droits et les devoirs
Il est totalement choquant de nos jours de voir la dérive des mentalités des élèves. Ils ont des droits. Ils en oublient qu’ils ont des devoirs. Ces devoirs devraient leur être signifier ailleurs que dans un règlement intérieur que trop peu d’élève lisent. Ainsi quelques heures en début d’années consacrés à l’étude de leur droits et devoirs serait du meilleur aloi. Elle permettrait de pointer ce qu’ils sont nombreux à ignorer. Quand on a des droits on a des devoirs. Et le premier de ces devoirs s’appelle le respect.
Il faut également leur réapprendre que les enseignants sont des adultes. Eux non. Enfin en ce qui concerne le non respect de ces principes, il faut clairement leur signifier ce qu’ils risquent. Ainsi depuis des années, les sanctions se sont perdues. Il est interdit pour un enseignant de mettre un 0 pour mauvaise conduite. Vous comprendrez que cela pourrait choquer le pauvre élève qui a empêcher pendant une heure un enseignant de faire son travail. De même les punitions visant à conjuguer à tous les temps de l’indicatif une phrase donnée ne doit plus être utilisée. Bref toutes les punitions traditionnelles et qui nous ont tous hautement traumatisé ne doivent plus être utilisées. Il faut revenir sur ces pensées qui, force est de constater, ne fonctionnent pas. Pourquoi un élève qui, alors que le règlement intérieur le stipule, porte une casquette ne pourrait il plus aujourd’hui conjuguer à l’indicatif « ne pas devoir porter de casquette dans mon collège » ? Je passe sur les téléphones qui sonnent en cours…
Les enseignants et l’administration
Le dernier élément de mon argumentation que je souhaite évoquer ici (il y en aurait bien trop pour un simple article) concerne la relation de plus en plus tendue qui existe entre les enseignants et leur administration. Il m’est arrivé maintes fois de voir un enseignant désavoué par le chef d’établissement, et ce devant les parents d’élèves. Cela ne doit pas arriver. Tout comme un père et une mère doivent être sur la même longueur d’onde face à leur enfant, l’administration doit appuyer son enseignant face aux élèves et aux parents d’élèves. Les règlements de comptes ou ajustements divers se font ensuite en interne. Un enseignant ne doit pas être désavoué. Cela devrait être la première règle observée. Bien au contraire, aujourd’hui nous assistons à une situation où l’enseignant est seul face aux élèves d’un côté et à une administration qui ne comprend plus leur métier de l’autre. Il faut que cela cesse. Il faut que l’élève ai en face de lui un bloc uni qui parle d’une seule voix. Il est sinon trop facile pour lui de tirer parti des dissonances. L’administration doit épauler les enseignants en difficultés et non rejeter la faute sur eux. Pourquoi les chefs d’établissements ne réclament ils pas une formation pédagogique pour les nouveaux enseignants à l’IUFM ? Cet organisme censé former les enseignants ne leur dispense aucun cours sur la tenue d’une classe. Est ce normal ? Il me semble que cela n’est pas inné même si certains enseignants à fort charisme s’en sortent. Il faut mieux former nos enseignants. Enfin, pour les enseignants en ZEP, il faut envisager une formation spécifique qui intègre la réalité du terrain. Il est anormal qu’en prof sorti des études se retrouve en ZEP. Il faudrait un profil beaucoup plus expérimenté. Pour cela, il faut rémunérer plus largement ces enseignants de zones difficile. En contrepartie, il faudrait que ceux-ci s’engage sur une durée de trois à cinq ans afin qu’un turn-over raisonnable ait lieu dans ces établissements.
Bien d’autres éléments pourrait être évoqués au sujet de l’éducation Nationale. Mais pour faire bouger cette institution, il faudrait mettre les choses à plat, revenir sur des valeurs saines, proposer un reclassement aux enseignants qui ne font pas correctement leur métier (je suis désolé il y en a plein), proposer un avenir même aux élèves les plus en difficultés voilà quelle devrait être la vocation de l’Education Nationale. Cela nécessiterait une réforme globale, profonde et une remise en cause que de nombreux syndicat ne souhaitent malheureusement pas. De là à dire que le blocage vient de là…
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